Face au fléau des accidents de la circulation, devenu d'ailleurs une préoccupation mondiale, pouvoirs publics et composantes de la société civile se sont mobilisés, depuis plus d'une décennie déjà, afin de réduire au minimum le nombre de ces événements douloureux en Tunisie et surtout leur impact négatif sur les personnes et les biens.
En effet, entre 10 et 11 mille accidents de la circulation surviennent chaque année en moyenne sur nos routes, causant entre 14 et 15 mille blessés et entre 1.500 et 1.550 décès en moyenne par an, soit près de quatre tués par jour, avec des pertes pouvant atteindre, pour les préjudices corporels, quelque 180 milliards par an en moyenne, sans compter le pertes indirectes.
Les questions soulevées par le Chef de l'Etat lors de sa visite au poste de la Garde nationale sur l'autoroute A1, fin juin dernier, ont inauguré, ainsi, une nouvelle vision du problème, tout en mettant en valeur les nombreux acquis et réalisations en matière de sécurité routière. Le Président Ben Ali avait ce jour remis en question la réponse nationale au problème et invité tous ses concitoyens à approfondir la réflexion à propos de ce fléau.  Certes avec l'évolution remarquable du parc automobile et du nombre de nouveaux conducteurs, la gravité des accidents a enregistré une baisse évaluée à 14 tués (en moins) en 2005 par rapport à 2004. Mais cette baisse, à peu près régulière depuis 2001, n'enlève, hélas, rien à l'aspect dramatique et alarmant du problème.
C'est d'ailleurs pour cela qu'il reste constamment à l'étude aussi bien à très haut niveau, qu'au niveau des structures spécialisées ou d'appui telles que les associations, les écoles, les médias, et autres, soit l'ensemble des structures de la société civile ainsi que l'opinion publique.
Les mesures arrêtées lors de la toute dernière session du Conseil des ministres, présidé mardi dernier par le Chef de l'Etat, et qui concernent le projet qui «modifie et complète certaines dispositions du Code de la route», constituent un nouveau pas vers plus de sécurité sur nos routes.
Le Chef de l'Etat a, à cette occasion, recommandé non seulement «d'adopter les mécanismes modernes pour garantir la sécurité de la circulation sur les routes», mais aussi «d'intensifier les efforts de conscientisation et de sensibilisation au respect des dispositions du Code de la route» puisque la plupart des drames surviennent suite aux écarts enregistrés par les différents usagers de la route par rapport aux règles de ce texte.
Il a par ailleurs recommandé «d'impulser l'activité des associations oeuvrant dans ce domaine» qui, selon des décisions prises ultérieurement, siègent en tant que membres au Conseil national de la sécurité routière.
La création, au cours de l'année écoulée, sur initiative du Chef de l'Etat, outre l'Observatoire national de la sécurité, d'un fonds national pour financer les activités visant la sécurité routière, donnera, à coup sûr, auxdites associations une impulsion salutaire à leurs programmes et actions.
Il va sans dire que la mise en place de mécanismes efficients d'intervention, conjuguée à une plus grande implication du tissu associatif en direction des différents intervenants, notamment le citoyen usager, ne manquera pas de stimuler la conscience de chacun et de toute la collectivité en vue de la nécessité de renforcer cette amorce de régression de la courbe des accidents de la circulation. Car c'est bien là un enjeu national majeur qui implique une responsabilité collective.
La Presse
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