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Mitsubishi avait déserté le segment des berlines depuis la fin des années 1990 avec la peu excitante Carisma. Le revoilà aujourd’hui qui tente une nouvelle percée avec une Lancer au style bien plus affirmé, à mi-chemin entre la compacte et la familiale. Mais la route est encore longue…
Une face avant dessinée Mitsubishi le reconnaît : "Les années Carisma correspondent à la période grise de la marque, nous devons en sortir totalement avec de nouveaux produits comme l’Outlander et la nouvelle Lancer". Faute avouée à moitié pardonnée… Et pour oublier ces heures graves, c’est vers le designer français Olivier Boulay que s’est tournée la marque aux 3 Diamants. Le résultat, c’est une nouvelle Lancer tranchant avec sa devancière, mais dans la lignée de l’ancienne Galant, produite à la fin des années 1980. Si la partie arrière ne se distingue pas vraiment avec une malle haute et des feux légèrement inclinés, la proue ne manque pas de personnalité. Avec en guise de calandre une énorme bouche prête à avaler le bitume. De quoi attirer inévitablement l’œil, même si de nos jours une auto ne s’achète pas toujours pour son esthétique. Archaïques injecteurs-pompes Précisément… et pour la Lancer, c’est là que le bât blesse. Car derrière cette belle gueule se cache l’intemporel 2.0 TDI de 140 ch à injecteurs-pompes. Un bloc réputé pour ses bonnes performances et son appétit mesuré, un peu moins pour son agrément et sa sonorité agricole évoquant davantage le tracteur que la berline policée. Vibrant au ralenti comme dans les tours, il souffre de surcroît d’une anémie prononcée à bas régimes (sous 1.800 tr/mn), très gênante en ville. De quoi attendre avec encore plus d’impatience le printemps 2009 et l’arrivée d’un Diesel 100 % Mitsubishi (1.8 de 140 ch). Mais si les nuisances mécaniques sont communes à nombre de véhicules Diesel, rares sont celles qui se montrent aussi mal insonorisées en matière de bruits de roulement. Trop de bruits de roulement ! Comme dans certaines nippones dans les années 1980, le conducteur sait ici quand il passe sur un gravillon ou dans une flaque d’eau. Un désagrément inhérent aux énormes roues de 18” de notre voiture d’essai, mais pas seulement… Dommage, car en matière d’amortissement, la Lancer s’avère plutôt confortable avec des mouvements de caisse bien maintenus et seulement quelques trépidations à déplorer, à basse vitesse et sur mauvais revêtement. Si le confort de roulement est acceptable, on ne peut pas en dire autant pour l’habitabilité et l’ergonomie. Au volant, les conducteurs de plus de 1,80 m auront du mal à trouver une position de conduite idéale avec un volant uniquement réglable en hauteur et une assise trop courte qui soutient mal le haut des cuisses. A cheval entre deux catégories A l’arrière, à vouloir s’intercaler entre la catégorie des compactes et celle des familiales, la Lancer n’offre pas une habitabilité remarquable. Les grands gabarits voyageront avec la tête dans le pavillon et les jambes "en vrac". Pire, le coffre aux formes biscornues et affublé d’une marche obligeant à lever les objets pour les extraire, ne se montre pas très pratique non plus : seuls les dossiers se rabattent pour accroître le volume de chargement (400 litres). Moins vaste qu’une familiale… mais moins pratique qu’une compacte à hayon, la Lancer s’avère finalement assez décevante, surtout dans sa version haut de gamme Instyle, livré de série avec une surmonte audio dont le caisson de basse ampute la malle.
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